Carnet de suivi

À travers sa fonction de partage quasi instantané et globalisé d’images annotées renforcée par son accessibilité, le réseau réputé ou dit social Instagram m’est apparu comme étant l’interface appropriée pour rendre compte de l’activité artistique résultant du Syndrome SGG.

En effet, les différentes personnalités de L.B. sont habituées depuis plusieurs années à la tenue quasi-quotidienne d’un Journal textuel et plastique se déployant dans divers carnets. Y est inscrit en mots et en images une importante partie du constituant de l’existence de mon patient : des événements marquants ou anecdotiques, ses pérégrinations, ses relations et rencontres, les joies, les souffrances et les émotions variées induites par ses expériences, des questionnements, ses pensées ou ses angoisses, etc.

À des fins avant tout cathartiques, il et ils s’y livrent intimement, sans pudeur ni tabou, développant par là une vaste œuvre autobiographique plurielle et morcelée dépeignant de manière relativement exhaustive le sujet et ses alter selon de nombreuses facettes. De ce fait, ces « carnets de santé mentale » archivant et jalonnant temporellement le vécu de leur(s) créateur(s) fournissent une somme considérable de matériel d’analyse et constituent ainsi mon principal support de suivi et d’étude du Syndrome SGG.

C’est évidemment avec leur assentiment voire leur encouragement – du moins celui de Smëms, représentant artistique du système – que je vous fais part de certains de leurs écrits, dessins, peintures et sculptures via de nombreuses pages de carnets et supports indépendants sélectionnés, pour leur qualités esthétiques ou leurs intérêts purement scientifiques, parmi plus des deux milliers de pièces réalisées depuis septembre 2016, date de ma dernière publication. De multiples motivations justifient cette diffusion.

La première relève d’un processus aux potentialités thérapeutiques. Toute production d’art impliquant généralement adresse à autrui – selon Jean Dubuffet, collecteur et théoricien de l’Art Brut (Asphixiante Culture. Paris : J-J Pauvert, 1968) –, j’émets l’hypothèse que la monstration de ces créations jusqu’ici méconnues et leur supposée réception favorisera le décloisonnement de mon patient, l’atténuation du sentiment de solitude et des frustrations causées par – je cite – ce « lecteur qui ne m’a jamais lu » à des fins de stabilisation de ses troubles.

Ensuite, en complétant les ressources iconographiques du site internet, la sélection chronologique proposée a pour objectif de faciliter l’immersion dans l’univers complexe et en quelque endroit hermétique de l’artiste dissocié, tout en attestant de sa richesse sémantique, quantitative voire qualitative. Le suivi régulier des productions symptomatiques du sujet multiple permettra une plus ample compréhension de la pathologie, le discernement du fonctionnement du système SGG, l’observation des mécanismes régissant l’alternance des persona mais également de mesurer les relations parfois conflictuelles dues à leur cohabitation.

Ces publications poursuivent parallèlement des fins médico-scientifiques puisque vos observations, toutes bienvenues dès lors qu’elles sont pertinentes, seront susceptibles de servir l’approfondissement de l’examen du Syndrome SGG ainsi que la mise au point d’une thérapie efficace. À cet effet, un formulaire de contact est à votre disposition.